Sébastien Petit

Je suis au restaurant comme je suis dans la vie,
je ne joue pas un rôle.

Une adresse un peu perdue dans la campagne, qu’on se refile de bouche à oreille. En face, une maison abandonnée qui fut celle d’Orson Welles, auquel le jeune chef cinéphile dédie un dessert. Rencontre avec un gourmand méconnu.

 

Il y a des établissements qui vivent du tourisme; d’autres, des repas d’affaires. Le Relais Gourmand, ce n’est rien de tout cela : une adresse un peu secrète d’un jeune chef qui a repris l’ancienne affaire de ses parents pour la transfigurer et lui donner de nouvelles lettres de noblesse. Avec un mélange de passion et de simplicité.

On y vient pour des repas de famille, pour fêter un anniversaire. La Saint Valentin fait un carton pendant trois jours. Les menus au premier prix ne sont jamais vendus : quand on va au Relais Gourmand, on attend du  gastronomique, notamment du homard, la spécialité de la maison. Mais qui est donc ce jeune chef touche-à-tout, souvent seul en cuisine comme en salle, que l’on voit discuter longuement avec les clients, parlant musique, peinture ou voiture jusqu’à 1 h du matin?

Sébastien Petit raconte avoir cuisiné sa première omelette à l’âge de
6 ans. Il a toujours vécu dans les odeurs de cuisine : une mère alsacienne, fine cuisinière; une grand-mère maîtresse en cuisine bourgeoise à l’Hôtel des Vosges… À 13 ans, alors qu’il tombe amoureux de la pâtisserie, il sait déjà quel métier il fera. En apprentissage, il perfectionne des techniques qu’il connaît déjà.

Sa passion, c’est d’inventer des recettes, de les goûter et de les partager. Qu’il ait deux couverts ou vingt, jamais il ne se prive de ce plaisir d’aller discuter avec les convives et de recueillir leurs impressions, avec des petites attentions pour chacun. C’est pour lui, avant tout, un métier de partage. « Le client, ce n’est jamais un numéro de table », dit-il. Et lesdits clients le lui rendent bien, qui apprécient de se sentir « comme chez eux » dans cet établissement chaleureux.

Très curieux, Sébastien aime essayer de nouveaux produits, des épices inconnues. Il essaie, marie, goûte. « Il ne faut pas être trop en avance ni trop en retard. Il faut savoir être entre les deux, sinon les gens décrochent. » Alors il propose aux habitués des suggestions « en avant première », pour tester leurs réactions, et change la carte tous les deux à trois mois.

HomardPoché

Le titre de Maître Restaurateur l’a touché : c’était sa première reconnaissance dans la profession. Un titre qui rassure le client et qui lui garantit qu’il ne trouvera pas dans son assiette « une barquette de chez Métro ». Sébastien Petit regrette toutefois que ce titre soit encore méconnu du grand public, voire confondu avec d’autres distinctions, comme si cela induisait des tarifs exorbitants. « Moi, je suis quelqu’un de simple, résume-t-il. J’aime juste faire plaisir. » Visiblement, les gens du coin se sont passés le mot. À quand une légitime extension de cette renommée ?

Site web du restaurant: le relais gourmand

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